Événement TD: les enjeux du prix du carbone

L’institut EDDEC organise un panel à l’occasion du séjour de son professeur invité, Christian de Perthuis. L’occasion de discuter des changements climatiques. 

Professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine et co-directeur du Master Énergie, Finance, Carbone, Christian de Perthuis est également Directeur scientifique de la Chaire Économie du Climat, et membre du Conseil Économique pour le Développement Durable. Monsieur de Perthuis est reconnu comme un des meilleurs experts du marché européen des quotas de CO2 et de la finance carbone.
Afin de préparer les participants à cet événement, voici un court texte de mise en contexte, que nous vous invitons à lire.
« Traditionnellement, la science économique considère le capital naturel comme un stock de ressources dans lequel on peut piocher.
D’où la crainte endémique d’épuisement de ces stocks. Dans leur ouvrage « Capital Vert », Christian De Perthuis et Pierre-André Jouvet montrent que ce capital comprend aussi les systèmes de régulation naturels – cycle de l’eau, de l’azote, du carbone – permettant la reproduction des ressources. Si le progrès technique permet d’améliorer la productivité des ressources en retardant leur épuisement, il en va autrement des systèmes de régulation, notamment du climat. On peut recycler du fer ou substituer un plastique bio-sourcé à un plastique traditionnel ; on est impuissant face au dérèglement du système climatique résultant de nos rejets de gaz à effet de serre.
Les auteurs du Capital Vert tentent d’explorer la façon dont l’économie peut muter pour utiliser le capital naturel sans le détruire. Cela implique de tarifer correctement les dégradations faites à l’environnement en intégrant dans la fonction de production un facteur représentant les altérations faites aux systèmes de régulation naturels. Pour le climat, cela implique une tarification ambitieuse du carbone pour basculer des actifs carbonés vers les systèmes renouvelables. Les climatologues nous rappellent l’urgence de cette transformation : au niveau actuel d’émissions, les Terriens auront épuisé en vingt ans le budget carbone global nous donnant deux chances sur trois de limiter le réchauffement en dessous de 2° C. Le temps est un paramètre crucial de la transition énergétique.
L’introduction de la valeur carbone dans l’économie réelle engendre des effets distributifs. Ces effets peuvent apparaître à l’intérieur d’un pays ou d’une province, lors de l’introduction d’une taxe carbone : comment redistribuer la recette ? Ils sont un casse-tête de la réforme du système européen d’échange de quotas de CO2. La question de la justice climatique et de la répartition des efforts entre pays suivant leur niveau de développement est au cœur de la négociation climatique depuis ses origines. L’impact distributif de la valeur carbone entre pays détenteurs ou importateurs d’énergie fossile reste jusqu’à présent un angle mort de la négociation. »
Pour préparer davantage cet événement, vous pouvez vous référer aux éléments suivants :
– L’ouvrage Le Capital Vert a été publié en français en 2013 chez Odile Jacob. La version en anglais publiée en 2015 chez Columbia University Press, entièrement refondue, est plus complète. Vous en trouverez un résumé dans l’article « L’économiste face aux enjeux environnementaux » en cliquant ici.
– Sur la négociation internationale, voir un article plus court de Christian de Perthuis paru dans The Conversation : quel climat préparons-nous pour demain ? Cliquer iciSur les aspects financiers, cliquer ici
– Vous pouvez aussi consulter la vidéo mise en ligne par The Conversation. Cliquer ici
Taxe carbone : quels impacts sur le porte-monnaie ? The Conversation du 9 janvier 2018
– Loi de finances 2018 : vers une taxe carbone à la suédoise ? Policy brief 2018 N°1 de la Chaire Economie du Climat
 
Pour vous inscrire, c’est ici: http://bit.ly/2Dkm9Bq
Inscription obligatoire, entrée gratuite, nombre de places limitées.
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Author: Institut EDDEC